Saviez-vous que l’abbaye Sauve-Majeure doit son nom à la grande forêt dans laquelle Gérard de Corbie, moine bénédictin, implante une communauté monastique en l’an 1079 ? Attention, vous n’êtes pas au bout de vos surprises, suivez-nous la visite risque d’être interessante.

Mini-cours d’histoire 

Figurez-vous notre Gérard a des relations : en effet, il bénéficie du soutien du duc d’Aquitaine Guillaume VIII, ce qui va GRANDEMENT l’aider. L’abbaye jouit rapidement d’un grand prestige confirmé par le nombre de ses prieurés : 76, oui messieurs-dames ! La guerre de Cent Ans, puis les guerres de Religion mettent fin à près de deux siècles de prospérité. Au XIXe siècle, un collège d’enseignement catholique s’installe dans les bâtiments construits par les moines mauristes, après des travaux d’agrandissement et de réparation. L’Ecole Normale de la Gironde, leur succède et reste présente dans les lieux jusqu’au terrible incendie de 1910 qui détruit la plupart des bâtiments.

Les majestueuses ruines qui vous entourent sont celles de l’abbatiale élevée dans la première moitié du XIIe siècle, à l’emplacement de l’église fondée par Gérard. L’édifice possède un plan bénédictin à cinq chapelles échelonnées, plan en usage dans l’architecture monastique au XIIe siècle, mais jamais adopté avec autant d’ampleur en Bordelais. 

Visite guidée 

L’abbaye de la Sauve-Majeure est réputée pour sa sculpture romane de grande qualité. Chers visiteurs, c’est le moment de lever vos minois et d’admirer ce remarquable groupe de chapiteaux romans, œuvres d’un sculpteur, « le maître de la Sauve », et de deux maîtres secondaires. Certains représentent des thèmes bibliques et des scènes de combats divers entre centaures et sagittaires, entre homme et lion, entre aspic et basilic. On reconnaît, dans la partie nord, le Péché originel et ses conséquences. En face, deux robustes lions aux crinières épaisses dévorent un homme, probable pêcheur soumis aux châtiments de l’enfer. Deux autres corbeilles montrent des sirènes-poissons, image de la tentation féminine, face à deux hommes prisonniers de végétaux dans lesquels on vit longtemps une interprétation du récit homérique d’Ulysse et les sirènes. Au sud, voisinent les thèmes de Daniel dans la fosse aux lions, de Samson combattant avec le lion, ou encore de la Tentation du Christ. Le chapiteau de la mort de saint Jean-Baptiste est une admirable composition peuplée de nombreux personnages. Bref, il y a tant à décrypter, qu’il faudra sans doute y aller deux fois, au moins. 

La grande prairie qui met en valeur les vestiges de l’abbaye incite au repos et à la méditation.

La visite du musée lapidaire et de la Maison des vins de l’Entre-deux-Mers installée dans l’ancienne grange, complète la visite de ce lieu unique en Gironde.


Abbaye de la Sauve-Majeure,
La Sauve
Classée Monument Historique, inscrite sur la liste du patrimoine mondial Unesco au titre des Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France.

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