Vers compostelle

A partir de l’an mil, les reliques de Saint Jacques, apôtre du Christ enseveli en Galice, deviennent le symbole de la reconquête chrétienne en Espagne, vers laquelle convergent des milliers de pèlerins. De nombreuses voies de pèlerinage traversent la France pour fusionner à Ostabat, à la frontière espagnole.
En Gironde passent trois grandes voies historiques : la voie de Paris, la voie de Vézelay, et la voie littorale. D’autres routes secondaires ont vu cheminer les pèlerins dont les voies du Libournais et de l’Entre-deux-Mers, les voies des Graves, du Sauternais et des landes Girondines.

Les trois voies de Saint-Jacques-de-Compostelle en Gironde

  • La voie de Paris/Tours (via Turonensis) – 146 km : de Pleine-Selve à Belin-Beliet, en passant par Blaye, Bordeaux et Gradignan, cette voie aurait été parcourue par Charlemagne, venu enterrer Roland à Blaye et ses compagnons à Belin-Beliet après la défaite de Roncevaux (août 778). 146 km.
  • La voie de Vézelay (via Lemovicensis) – 115 km : se compose de deux routes se rejoignant à Bazas, l’une passant par Sainte-Foy-la-Grande et La Réole, l’autre par la Sauve-Majeure, jadis haut lieu de rassemblement et de départ vers Compostelle et la Terre sainte.

Ces deux voies convergent (avec la voie du Puy-en-Velay) au Pays-Basque à Saint-Palais (stèle de Gibraltar) et Saint-Jean-Pied-de-Port pour former ensuite le Camino Francès.

  • La voie du Littoral ou «voie des Anglais» – 190 km : longe la côte atlantique de Soulac à Bayonne, avant de continuer par la voie du Baztan ou Camino del Norte. A Soulac se retrouvaient les pèlerins venus d’Angleterre, Hollande, Bretagne et de Normandie.

A noter : les pistes cyclables Biganos-Bazas et Bordeaux-Lacanau permettent de passer de l’une à l’autre voie en toute sécurité.

Pour connaître l’ensemble des hébergements sur les voies de Saint-Jacques-de-Compostelle en Gironde

Association Régionale des Amis de Saint-Jacques-de-Compostelle
www.saint-jacques-aquitaine.com

Le patrimoine jacquaire en Gironde

Eglises, abbayes, hôpitaux, fontaines, bornes, croix de cimetières : la Gironde possède un très important patrimoine jacquaire.

Les édifices inscrits par l’UNESCO au titre des Chemins-de-Saint-Jacques-de-Compostelle en Gironde

Sept édifices jacquaires appartiennent d’ailleurs au patrimoine mondial de l’UNESCO : à Bordeaux, les basiliques Saint-Seurin et Saint-Michel et la cathédrale Saint-André ; A Soulac, l’église Notre-Dame-de-la-Fin-des-Terres; à la Sauve, l’abbaye de la Sauve-Majeure et l’église Saint-Pierre ; à Bazas, la cathédrale Saint-Jean-Baptiste.

Itinéraires patrimoniaux vers Compostelle

Bordeaux

Située sur la voie de Tours, Bordeaux est fortement marquée par l’empreinte jacquaire. Trois sites sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO :
La basilique Saint-Seurin, place des Martyrs de la Résistance. Site originel du pèlerinage où Charlemagne aurait déposé l’olifant de Roland après la défaite de Ronceveaux.
La cathédrale Saint-André, place Pey-Berland. Consacrée par le pape Urbain II en 1095 lors de la première croisade, elle fut également le théâtre du mariage entre Aliénor d’Aquitaine et Louis VII.
La basilique Saint-Michel, place Meynard. Cette église abritait une importante confrérie de pèlerins. On peut y admirer une Chapelle Saint-Jacques avec ornements jacquaires, une statue de Saint-Jacques du XVe siècle ainsi qu’une pierre tombale de pèlerin.

Haute-Gironde

Asques : siège d’une commanderie des templiers fondée en 1160, qui disposait d’un hôpital et d’une confrérie jacquaire, et point de passage de la Dordogne pour les pèlerins.
Magrigne. Chapelle templière romane du XIIe siècle, ornée de peintures murales et d’une croix de malte. Annexe de la commanderie de Bordeaux, elle servit de refuge à de nombreux pèlerins.
Blaye : selon une légende carolingienne, le corps de Roland reposerait dans une crypte au pied de la citadelle, auprès des restes de Saint-Romain, fondateur d’une église au IVe siècle. Blaye abritait également un hôpital qui accueillait les jacquets.
Saint-Martin-Lacaussade : chapelle templière du XIIe siècle à laquelle était annexée un refuge.
Saint-Vincent-de-Marcillac : église romane du XIIe siècle et cimetière comprenant une croix sculptée du XVe siècle représentant les douze apôtres.

Entre-deux-Mers

Saint-Macaire : l’église Saint-Sauveur accueillait les pèlerins. On peut y voir, sur une fresque murale, le « prodige de Saint Jacques contre l’Hermogène », décrit dans « La Légende Dorée ».
Sallebruneau : ancienne commanderie des Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem qui comprenait une petite église et un hôpital, dévastés par la guerre de Cent Ans et les guerres de religion. Le site est actuellement en cours de restauration.
Bellefond : l’église prieurale Sainte-Eutrope, érigée au XIIe siècle, possède un bénitier extérieur pour les pèlerins, ainsi qu’une fontaine de dévotion.
Sainte-Radegonde : église romane du XIIe siècle avec un très beau tympan sculpté.
Blasimon : magnifique abbaye fondée par un ermite saintongeais au VIIIe siècle. Les pèlerins étaient accueillis à l’hôpital de la Roque tout proche.
Saint-Ferme : très belle abbatiale de style roman, située au cœur d’un ancien monastère de bénédictins.
Monségur : siège d’un hôpital mentionné en 1306. Un chemin conduisait à Roquebrune par le prieuré-hôpital de Coutures, annexe de la commanderie de l’abbaye de Saint-Ferme.
La Réole : Un hôpital accueillait les pèlerins. Le prieur recevait des donations pour permettre aux pèlerins de franchir la Garonne en payant le bac.
Pondaurat : ancienne commanderie hospitalière des Antonins.
Langoiran : sur les hauteurs du village, au fronton de l’église romane de Saint-Pierre, un modillon représente une coquille Saint-Jacques.
Haux : une statue représentant Saint-Jacques prié par deux pèlerins fut retrouvée dans l’église Saint-Martin.
La Sauve : la célèbre abbaye bénédictine de la Sauve-Majeure, fondée par Saint-Gérard en 1079, devint le point de ralliement et de départ vers Compostelle et Jérusalem. L’abbatiale comprenait une infirmerie, un hôpital et une chapelle dédiée à Saint-Jacques. On peut observer près du chœur sur le mur latéral un médaillon sur lequel Saint Jacques tient l’épée de son supplice.
Baron : crypte du XIe siècle dédiée à Saint Jacques.
Nérigean : dans la chapelle sud de l’église romane de Saint-Martin, statue de Saint-Remède trouvée près d’une source miraculeuse où les pèlerins venaient demander leur guérison.
Cadillac : dans l’actuel hôpital psychiatrique, à l’emplacement de l’ancien hôpital destiné aux jacquets, se trouvent deux cellules (conservées dans leur état originel) destinées aux pèlerins d’aujourd’hui.
Rions : une confrérie jacquaire se réunissait dans l’église Saint-Seurin jusqu’en 1636. Au portail de l’église, on peut observer les armoiries de la famille Albret, ornées de coquilles Saint-Jacques. Dans le cimetière, sépultures de jacquets contenant des coquilles perforées.

Libournais

Fronsac : à l’entrée de la commune, le port de Perpignan était un lieu de passage de la Dordogne pour les pèlerins. Croix (1622) en bordure du mur du cimetière près de l’église Saint-Michel.
Villegouge : un des chapiteaux de l’église Saint-Pierre (XIe siècle) est sculpté d’une coquille Saint-Jacques et d’un personnage tenant un bourdon. Un vitrail du XIXe siècle représente Saint-Jacques.
Guîtres : très belle abbatiale des XI et XVe siècles qui fut le siège d’une confrérie jacquaire. De nombreux pèlerins sont inhumés au pied de l’autel.
Puisseguin : sur le modèle de la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle, cinq lobes du portail sont terminés par un fleuron.
Montagne : on a retrouvé, dans la tombe d’un pèlerin inhumé devant le portail de l’église, une coquille Saint-Jacques ainsi qu’un morceau de bourdon.
Saint-Emilion : étape majeure des pèlerins qui venaient honorer les reliques de Saint-Emilion dans l’église souterraine. Nombre de ces pèlerins furent inhumés au pied de l’autel Saint-Jacques dans l’église collégiale, ainsi que dans le cimetière de la Madeleine.

Sud Gironde

Gradignan : étape majeure ; l’église Saint-Pierre abrite une statue de Saint-Jacques en bois polychrome du XVe siècle. Le prieuré de Cayac quant à lui, comprend une église, un prieuré-hôpital Renaissance et des vestiges du pavement de la rotue empruntée par les pèlerins. L’hôpital fut l’un des plus importants du Sud-Ouest. Le prieuré propose un lieu d’accueil pour les pèlerins d’aujourd’hui.
Belin-Beliet : l’église du Vieux Lugo, située dans la forêt, fut une halte importante pour les pèlerins. Les fresques murales représentent des pèlerins gratifiés de la miséricorde divine. L’église de Mons servait de refuge aux pèlerins venus vénérer la statue de Saint Clair (à proximité de l’église) et le tombeau des chevaliers (car selon la légende, les corps des compagnons de Charlemagne seraient enterrés sous un tumulus proche de l’église).
Rétis : près d’Hostens, cette petite chapelle romane transformée en musée présente des souvenirs du pèlerinage jacquaire.
Origne : dans l’église Saint-Jean, des peintures murales représentent Saint-Jacques.
Bazas : au XIIe siècle, les templiers y fondèrent un hôpital pour accueillir les pèlerins.
Saint-Michel-de-Rieufret : On peut voir, dans l’église, une statue de saint Roch en pèlerin de Compostelle. Par ailleurs, une table d’offrande en pierre, toujours visible devant l’église, recevait les offrandes des pèlerins locaux et des jacquets pour conjurer la peste.
La Brède : sur le chapiteau droit de l’église romane Saint-Jean d’Estampes, présence d’une palmette façonnée en forme de coquille Saint-Jacques.
Cadaujac : sur le côté gauche de l’église se trouve une pierre bornale qui indiquait le chemin aux pèlerins et sur laquelle sont sculptés un bourdon et des coquilles Saint-Jacques.

Médoc

Saint-Médard-en-Jalles : église romane du XIIe siècle dans laquelle un autel fut dédié à Saint-Jacques jusqu’au XVIIe siècle. Tombe de pèlerin dans le cimetière jouxtant l’église.
Moulis : l’église Saint-Saturnin possédait un autel Saint-Jacques où se réunissaient les jacquets. Présence d’un bénitier à l’entrée de l’église.
Benon : église templière qui fut au cœur d’une commanderie et d’un hôpital, érigés par les chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem.
Soulac : classée au titre des Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle au Patrimoine de l’Humanité par l’UNESCO, l’église Notre-dame-de-la-Fin-des-Terres était très fréquentée par les pèlerins.
Saint-Vivien-de-Médoc : Etape obligée pour les pèlerins. On peut apercevoir, sur le chevet de l’église, des colonnes sculptées de coquilles Saint-Jacques.
Lesparre : dans l’ancien cimetière, sépultures de pèlerins ornées de coquilles Saint-Jacques et de pointes ferrées de bourdons.
Port de By : port d’arrivée pour les pèlerins qui avaient traversé la Gironde.
Ordonnac : il ne reste qu’un pan de mur de la grande abbaye fondée en 1130 et dans laquelle les Augustins offraient leur assistance aux pèlerins.